First-Year Seminars : un levier clé pour réussir sa première année
First-Year Seminars : une nouvelle approche pour accompagner la transition vers l’université
E
t si, pour apprendre à devenir étudiant, il fallait parfois emprunter les chemins buissonniers ? C’est le pari des First-Year Seminars — ou séminaires de première année. Ce format pédagogique repose sur des séances en petits groupes de 15 à 25 personnes, animées par un enseignant autour d’un sujet inhabituel mais qui trouve un écho dans la filière d’études. La thématique devient alors un point de départ pour susciter l’engagement, stimuler les échanges, encourager la réflexion et la prise de parole et, plus largement, développer des compétences stratégiques nécessaires pour répondre aux exigences d’un cursus universitaire.
À l’ULiège, les First-Year Seminars (FYS) proposent ainsi une manière originale d’accompagner les étudiant·es de premier bachelier dans la découverte de leur nouvel environnement universitaire. Inspirés de pratiques anglo-saxonnes et adaptés aux spécificités des différentes filières, ces séminaires privilégient des formats interactifs et proches des étudiant·es, qui les amènent à expérimenter, échanger et prendre progressivement leurs repères. Ils contribuent ainsi au développement de la confiance en soi, à l’appropriation des codes universitaires et, plus largement, à la réussite en première année.
L’entrée à l’université marque un tournant important dans le parcours des étudiant·es. Entre nouvelles méthodes de travail, attentes académiques plus élevées et adaptation à un nouvel environnement, les défis sont nombreux dès la première année.
Pour accompagner au mieux cette transition, l’Université de Liège développe un ensemble diversifié d’actions de soutien à la réussite. Parmi elles, ces séminaires se démarquent comme une initiative à la fois originale et innovante. Pensés pour la première année, ils visent à renforcer l’engagement des étudiant·es, à soutenir le développement de leurs compétences et à favoriser leur intégration dans la vie universitaire.
Né des travaux du Groupe de travail institutionnel « Aide à la réussite », ce dispositif s’inscrit pleinement dans la volonté de l’Université de proposer des dispositifs renouvelés, adaptés aux besoins des étudiant·es d’aujourd’hui.
Un dispositif reconnu à l’international
Si cette initiative constitue une nouveauté à l’ULiège, elle s’appuie sur un modèle largement éprouvé à l’international. Très répandus dans les universités nord-américaines — où ils sont présents dans 85 à 95 % des institutions — ces séminaires ont démontré leur efficacité.
La littérature en atteste , leurs bénéfices sont multiples : ils contribuent à renforcer la persévérance, à améliorer les performances académiques, à stimuler la motivation et à développer le sentiment d’appartenance. En favorisant les échanges et les interactions, ils participent pleinement à une expérience étudiante plus riche et plus engageante.
En pratique : des formats interactifs et engageants
Chaque séminaire se compose généralement de cinq séances de 1h30 à 2h, proposées sur un rythme hebdomadaire ou bimensuel et ce volume horaire peut monter jusqu'à un total de 30 heures à Gembloux Agro-Bio Tech. Dans certaines facultés concernées, ces activités peuvent même être créditées (jusqu'à 3 crédits), comme à Gembloux Agro-Bio Tech dès septembre prochain.
Les méthodes pédagogiques adoptées privilégient l’interactivité et la participation de tou·tes les étudiant·es. Débats, travaux de groupe, études de cas ou encore activités collaboratives permettent aux nouveaux·elles étudiant·es de s’impliquer très concrètement dans leur apprentissage. La prise de parole des enseignants y est même limitée à dessein, afin d'encourager celle des étudiants.
Un choix adapté aux spécificités de l’ULiège
À partir d’une analyse approfondie de la littérature scientifique, l’ULiège a fait le choix de développer des séminaires académiques dits "thématiques", en lien direct avec les disciplines de chaque faculté impliquée dans le projet.
Chacun d'eux est conçu et animé par un·e enseignant·e et explore des thématiques variées, souvent originales et stimulantes. L’objectif est clair : approfondir la compréhension des contenus disciplinaires, développer l’esprit critique et renforcer la culture académique des étudiant·es et les sensibiliser à la rigueur attendue dès le début de leurs études.
Quelques exemples illustrent la diversité et la créativité des formats proposés dans les différentes facultés
Langues et lettres modernes
- Sans limites : la puissance infinie de la mémoire
– Langue et idéologie : déconstruire les stéréotypes de genre
– Fac Fiction : l’université entre images et réalité
– De Babel à ChatGPT: les langues dans tous leurs états
– Au-delà des mots : la lecture comme outil de pensée
Traduction - Interprétation
– « Tu vois c’que j’veux dire ? » – Mettre la Vie en mots
– FRENCH FRIES : le français dans tous ses états
– « (Fils de) p*** » ‒ L’insoutenable légèreté de l’insulte
- Corps à corps: la représentation du corps humain dans l’art public et dans le slam liégeois
Sciences sociales
- Engagez-vous ! (?)
- "Tu fais quoi dans la vie" - Le travail en question
- Les cacahuètes, c'est pas peanuts !
- Peut-on être ami·e avec un zombie ?
Gembloux Agro-Bio Tech
- L'intelligence des insectes : dans la peau d'un vulgarisateur scientifique
- Advancing the Future of Food Formulation
- L'envol des rivières : la face cachée du cycle de l'eau
- Votre cerveau est-il piratable : Les coulisses de la persuasion quotidienne
- Game of Trees : Clash of Beings
Des formats qui rendent les apprentissages à la fois concrets, accessibles… et parfois inattendus.
L' accompagnement des enseignant·es au cœur du dispositif
Le succès de ce programme repose également sur un accompagnement structuré des enseignant·es, assuré par l’Institut de Formation et de Recherche en Enseignement Supérieur (IFRES), dont l'expertise s'appuie sur la recherche en pédagogie de l'enseignement universitaire.
L'accompagnement débute par une réflexion sur le profil des étudiant·es de la filière et sur les principaux enjeux de leur transition vers l’enseignement supérieur. À partir de modèles issus de la recherche sur la réussite et la persévérance en première année, les équipes enseignantes identifient les forces, les besoins et les défis propres à leur public. Ce diagnostic partagé constitue le point de départ de la conception des séminaires et de la définition de leurs objectifs pédagogiques.
Ce soutien se poursuit sous la forme d’un accompagnement combinant ateliers collectifs et suivi individuel. Il permet aux enseignant·es de concevoir des activités motivantes, d’adopter des approches interactives et de renforcer la dynamique de groupe au sein des séminaires, tout en bénéficiant d’un cadre d’analyse et de recommandations issus de la recherche.
Des premiers résultats très encourageants
Les premières observations sont très positives. Les étudiant·es soulignent l’intérêt des thématiques abordées et leur participation active aux séances. Les First-Year Seminars favorisent également des relations plus directes et accessibles avec les enseignant·es.
Au-delà de l’engagement, le dispositif contribue au développement de compétences clés : prise de parole en groupe, esprit critique ou encore compréhension des attentes universitaires. Il renforce aussi les liens entre étudiant·es, créant un climat propice à l’entraide et au sentiment d’appartenance.
Un dispositif en plein développement
Le projet continue à se déployer progressivement au sein de l’ULiège. De plus en plus d’enseignant·es s’y investissent, et de nouvelles filières rejoignent l’initiative, aux côtés de celles impliquées depuis la première heure de la Faculté de Philosophie et Lettres ou de la Faculté des Sciences sociales. Parmi elles, la filière de Sciences biomédicales de la Faculté de Médecine ou celle des Bioingénieurs à Gembloux Agro-Bio Tech qui franchit une étape supplémentaire en intégrant des FYS valorisés à hauteur de 3 crédits, témoignant de l’importance accordée au dispositif.
Un pari pédagogique et une approche novatrice au service de la réussite
En conjuguant l’engagement des étudiants, la dynamique pédagogique portée par les enseignants et l’expertise des chercheurs de l’IFRES qui les accompagnent, les First-Year Seminars illustrent pleinement l’ADN de l’Université, à la croisée de l’enseignement et de la recherche.
Ils répondent à plusieurs enjeux majeurs de l'enseignement supérieur : faciliter la transition entre le secondaire et l'université, favoriser la réussite étudiante et faire évoluer les pratiques pédagogiques. En articulant étroitement les savoirs académiques et le développement de compétences transversales — esprit critique, responsabilité et posture active d'apprentissage —, ils proposent une approche globale, durable et centrée sur l'étudiant. À ce titre, ils incarnent un choix institutionnel fort en faveur d'une formation plus engageante et plus inclusive.
Cette démarche ambitieuse contribue à faire de la première année un véritable levier de réussite, d'engagement et de développement personnel et académique pour les étudiants.
Équipe en charge du projet
Laurent Leduc, responsable académique ; Manon Cochain ; Claire Cooremans ; Louise Gérardy ; Maureen Goebel ; Justine Jacquemart et Charlotte Maréchal.
